Aujourd’hui, en France comme ailleurs en Europe, et certainement bientôt en Bretagne des éleveurs voient le travail de toute une vie détruite.

Des troupeaux entiers sont abattus au nom de protocoles sanitaires rigides, alors même que la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNM) présente un taux de mortalité proche de 5 %, et qu’elle n’est ni transmissible à l’homme, ni dangereuse pour le consommateur.

Des femmes, des hommes, des familles et des territoires ruraux vivants passent après les décisions technocratiques de Bruxelles.

De plus, un troupeau n’est pas une ligne comptable : c’est un lien quotidien avec l’animal, une identité professionnelle, souvent transmise sur plusieurs générations et aussi un capital génétique, notamment pour des races bien particulières telles que la casta, la bordelaise, la béarnaise… qui sont actuellement touchées.

L’abattage systématique de cheptels entiers, y compris d’animaux sains déshumanise l’agriculture et monte un conflit entre les agriculteurs, les vétérinaires et les forces de l’ordre.

Une politique qui détruit sans discernement fait porter tout le poids du risque sanitaire sur l’éleveur, pendant que l’État et l’Union européenne se contentent d’indemnisations mais un éleveur n’élève pas pour être indemnisé :

Il élève parce qu’il aime, parce qu’il sait, parce qu’il transmet.

Les indemnisations ne peuvent pas continuer de faire vivoter nos agriculteurs : cela dévalorise leur travail en retirant tout le sens qu’apporte l’agriculture.

Dans le même temps, l’UE poursuit la signature des accords MERCOSUR, qui ouvriraient grand le marché européen à des importations agricoles produites dans des conditions sociales, environnementales et sanitaires que l’on refuserait à nos propres paysans.

Cette volonté de détruire nos élevages et notre agriculture de manière générale n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une simple crise sanitaire ou commerciale.

C’est une orientation politique claire : sacrifier une agriculture de proximité, humaine, enracinée dans les territoires, au profit d’un modèle mondialisé où l’éleveur devient une variable d’ajustement.

Notre fédération des Côtes d’Armor représentant un territoire massivement agricole refuse cette logique.

Notre position est claire :

  • Nous défendons l’éleveur avant la procédure, le bon sens sanitaire plutôt que l’abattage aveugle, le commerce local, les circuits courts et la souveraineté alimentaire européenne.
  • Nous refusons les accords commerciaux qui tuent nos paysans tout en enrichissant quelques multinationales et politiciens corrompus.

Une Europe qui n’est plus capable de nourrir sa population avec ses propres paysans est une Europe fragile, dépendante et vulnérable.

Ne perdons pas notre richesse agricole comme nous avons perdu nos industries !

Aujourd’hui, la France importe :

  • Un poulet sur deux que nous consommons
  • 50 % des fruits et des légumes
  • 60 % de la viande ovine
  • 25 % de la viande bœuf

L’autonomie en œufs, qui était totale jusque récemment, se dégrade, favorisant les importations de Pologne ou d’Ukraine… Et il ne s’agit là que de quelques exemples.

Terre d’agriculture et d’agriculteurs, la Bretagne n’a pas à pâtir de cette politique destructrice de notre souveraineté menée par la France. Laquelle, si elle augmente le budget consacré à la défense, oublie que sans autonomie alimentaire, un Etat n’est rien.

Nous proposons :

  • Inscription constitutionnelle de l’agriculture comme intérêt vital de l’Europe
  • La création d’un statut juridique du lien affectif professionnel de l’éleveur et de ses bêtes
  • Une politique commerciale protectionniste en termes d’agriculture envers les Etats hors d’Europe

Logan Maheu, secrétaire de la fédération des Côtes d’Armor du Parti Breton.

 

Le Parti Breton, pour une Bretagne émancipée, écologique, solidaire et entreprenante.

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