Le mot du président

Faire Bretagne

Le combat politique que nous menons est un combat positif, c'est un engagement pour la Bretagne.

C'est un combat multidimensionnel :

C'est un engagement pour la Démocratie, pour que les Bretonnes et les Bretons soient représentés notamment au niveau Européen.

C'est un combat pour la pleine reconnaissance des Droits Universels dus à toute communauté humaine tels que l'intégrité territoriale, la/les langues, la connaissance de son histoire, sa prise en compte en tant que Nation, le droit à un Etat breton.

C'est un engagement pour le progrès et le développement économique, social et écologique.

Ce combat politique, nous le menons avec constance, ambition et engagement.

Nous l'avons vu et nous le savons, rien ne sera redonné à la Bretagne, tout devra être conquis !

Gaël Fleurent

Lors de son 9e congrès qui s’est tenu au centre culturel breton à Saint-Herblain (44), le Parti breton a élu un nouveau président, Gaël Fleurent. Mais aussi une nouvelle équipe dirigeante.

L’objectif affiché par la nouvelle équipe est de mener, dans les deux prochaines années, un « combat pour la démocratie, pour une administration bretonne et une représentation démocratique des Bretons et des Bretonnes représentés aujourd’hui majoritairement par des partis français ».

Nous avons interrogé Gaël Fleurent, pour qu’il se présente, qu’il présente les grandes lignes de son parti, et qu’il réagisse aux grandes questions d’actualité qui traversent aujourd’hui la Bretagne, l’Europe.

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs tout d’abord, en tant que nouveau président du PB ?

Gaël Fleurent : C’est un exercice toujours un peu délicat. Je suis né à Lorient, j’ai 46 ans, pacsé et père de 2 enfants.

Je co-dirige une entreprise conchylicole, à la croisée des biotechnologies marines et de filières traditionnelles.

J’ai une formation en gestion/comptabilité/finance que j’ai suivie à Nantes puis à Londres.

J’ai commencé mon parcours professionnel en tant qu’auditeur international au sein de sièges sociaux à Paris, avant de faire le choix de rentrer en Bretagne et de m’engager dans l’entreprenariat.

Politiquement lorsque j’étais étudiant à Nantes j’ai été l’un des dirigeants des JDS (les jeunes du CDS une des composantes de l’UDF). C’est un peu là que j’ai pris conscience que, si je m’y sentais assez à l’aise sur de nombreux points, le combat pour la réunification était quasi impossible au sein d’un parti français- même au niveau local- tant ils n’arrivent pas à sortir du découpage administratif et placent toujours ce combat, au mieux, en arrière-plan.

A Paris, j’ai participé à la fin des années 90, à la création de la C6R (Convention pour la 6ème République) où il y avait des gens comme Arnaud Montebourg, des constitutionnalistes de renom etc.. J’ai été stupéfait que, pour toutes ces personnes, l’idée même d’une dévolution ne leur traversait pas l’esprit, je n’y ai vu aucune idée neuve. J’ai dû batailler pour obtenir une ou deux clauses d’ouverture sur ce terrain (les dernières de mémoire) non sans subir les foudres de certains apparatchiks franciliens notamment(dont certains sont députés aujourd’hui) qui y voyaient un crime de lèse-majesté.

C’est donc assez naturellement que, rentré en Bretagne, le constat fait que les partis français -au niveau local comme au niveau central- n’étaient pas des outils appropriés à l’émancipation de la Bretagne, que j’ai adhéré au Parti Breton à son lancement.

 

Breizh-info.com : Comment s’est passé votre congrès ? Quelle fréquentation ? Quelles grandes lignes ont été tracées ?

Gaël Fleurent : Ce congrès 2018 de Saint-Herblain était le IXème congrès du Parti Breton. C’est un évènement qui a lieu tous les deux ans. C’est toujours un moment fort de la vie militante. Par sa fréquentation il n’a été ni l’un des plus gros ni l’un des plus petits, il a été -je trouve- un des plus intéressants.

En effet 18 ans c’est l’âge de la maturité et nous avons souhaité aborder une nouvelle phase de « sécularisation ».

Depuis sa création, le Parti Breton a contribué à la vie politique bretonne en remettant par exemple l’idée de nation bretonne, d’indépendance de raison d’actualité et en participant aux élections, seuls ou en alliance.

Ce congrès a été l’occasion de souligner et de réaffirmer nos fondamentaux et notre ligne politique, mais il a été surtout l’occasion d’affirmer la vocation du Parti Breton à devenir la force politique centrale dont la Bretagne a besoin.

Les militants ont affirmé leur volonté de construire cette force, ce qui nécessite de la constance, de l’ambition et du travail.

Nous faisons le choix d’une stratégie de conquête alliant vision à long terme et nécessaire agilité car, nous le savons et nous le voyons chaque jour, rien ne sera redonné à la Bretagne, tout devra être conquis.

Breizh-info.com : Pour le Parti Breton, quels sont les enjeux majeurs à l’heure actuelle pour la Bretagne et les Bretons ?

Gaël Fleurent : Le combat politique que nous menons est un combat positif, c’est un combat pour la Bretagne.

C’est un combat multi-dimensionnel :

 

  • Un combat pour la Démocratie

 

C’est un combat démocratique pour que les Bretonnes et les Bretons soient représentés.

Aujourd’hui la Bretagne est administrée et représentée par la France ; de surcroît, les Bretons sont représentés à 95% par des partis français, centralisés, dans lesquels les élus qui ont une conscience bretonne sont inaudibles et le demeureront.

Surtout pour « progresser » au sein de ce système jacobin, « pour faire carrière », il est préférable d’obéir aux injonctions des états-majors parisiens plutôt que de se battre pour porter la parole des électeurs comme ce devrait être le rôle d’un élu dans un système démocratique. Ce système tend à réduire le rôle de la représentation au rôle d’apparatchicks.

Le système de monarchie républicaine français s’attache à un modèle descendant, là où la démocratie est un modèle ascendant.

Ce sont ces verrous que nous devons faire sauter !

 

  • Un combat pour les Droits Universels dûs à toute communauté humaine

 

C’est un combat pour la pleine reconnaissance des Droits Universels dus à la Bretagne et aux Bretons tels que l’intégrité territoriale, la/les langues, la connaissance de son histoire, sa prise en compte en tant que Nation, le droit à un Etat breton…

Au lieu de végéter dans la situation d’infantilisation politique actuelle, ou de ronronner dans le confort d’un parti centralisé, cela implique une démarche déterminée de reconquête de nos Droits Imprescriptibles.

Le Parti Breton devra porter ce combat par de nouveaux moyens y compris juridiques ou symboliques.

 

  • Un combat pour le développement économique, social et écologique

 

C’est un combat pour le bien-être et la prospérité des Bretons et de la Bretagne.

Nous voulons améliorer la vie, le quotidien des bretons !

Nous savons en effet qu’une Bretagne émancipée, maîtrisant ses finances, ayant retrouvé son pouvoir législatif et judiciaire, une Bretagne gérée par les Bretons, nous permettra de prendre en compte concrètement nos spécificités et singularités.

Cette émancipation nous permettra de porter des ambitions plus fortes, de consolider nos acquis dans un monde en mouvement dans lequel la Bretagne a toute sa place.

Mais ce combat nous devons aussi nous y attacher chaque jour en composant avec la situation d’assujettissement dans laquelle se trouve la Bretagne

Breizh-info.com : Comment percevez vous l’évolution de la situation à Notre-Dame des Landes ?

Gaël Fleurent : Que l’on ait été pour ou contre, c’est je crois un exemple de gestion et d’administration assez calamiteuse de la France en Bretagne et cela depuis le début.

Breizh-info.com : On vous entend très peu sur la question de l’immigration – et pourtant la Bretagne est concernée, notamment du fait de l’accueil des migrants et de mineurs isolés étrangers. Quelle est votre position à ce sujet ?

Gaël Fleurent : Vous voulez dire la politique migratoire ? En Bretagne, il faut en effet tenir compte des flux sortants. C’est probablement le fait majeur de la politique migratoire en Bretagne . Nos jeunes s’expatrient pour leur vie active -en France pour beaucoup- et c’est un peu la triple peine, car ce sont les parents et la Bretagne qui financent la formation, la valeur ajoutée produite est captée en France et non en Bretagne, et les gens reviennent à partir leur retraite ici, avec tous les enjeux que cela représente. Cela contribue au fait que la Bretagne à un solde naturel négatif (il y a plus de morts que de naissances en Bretagne) ; c’est un véritable racket organisé.

C’est pour cela que le développement économique de la Bretagne, qui passe notamment par la maîtrise de la fiscalité et du pouvoir législatif, est fondamental.

Mais j’ai bien compris que votre question portait sur l’immigration extra-européenne.

En la matière, la Bretagne n’a pas de politique puisque c’est la France qui la gère et l’administre.

Et là encore il y a un déni flagrant et continu de démocratie puisque ce sont des corps administratifs qui décident très discrètement de qui devra accueillir des migrants et combien sans qu’à aucun moment les populations d’accueil ne soient consultées; à minima les maires pourraient consulter leur population.

Je suis favorable à ce que la Bretagne se dote d’une politique d’immigration. Il s’agit donc pour la Bretagne de réunir les conditions démocratiques d’une politique migratoire et cela passe par le respect du droit à l’information des bretons, un débat parlementaire en Bretagne, un vote, une évaluation de la politique. Pour cela, il faut que la Bretagne ait cette compétence parmi d’autres.

Le Canada qui mène une politique dite de « compassion et opportunités économiques » peut -comme d’autres- être une source d’inspiration pour la Bretagne.

La France qui se pense encore comme au centre d’un Empire (dont le cœur est Paris) est dans une autre perspective…

Breizh-info.com : Comment envisagez vous l’année 2019 , année d’élection ?

Gaël Fleurent : Globalement nous l’abordons comme une année de préparation des échéances municipales (2020) et régionales (2021) si rien ne change.

C’est-à-dire une année de travail.

Concernant les élections européennes, le Parti Breton a en 2009 puis en 2014 brisé un « plafond de verre » en présentant des candidats sur une circonscription regroupant la Bretagne administrative, les PdL et le Poitou, avec un certain succès malgré nos moyens limités.

En 2019, il n’y aura qu’une circonscription unique pour l’hexagone, ce qui rend impossible -en ne distribuant des bulletins que sur la Bretagne – d’atteindre les 3%, seuil de remboursement des élections que nous avions obtenu.

Si nous devions y aller cela pourrait être en alliance avec d’autres, mais rien n’est encore décidé.

Qui plus est le débat va virer très probablement à un débat franco-français, centralisé et à un débat pour/contre l’Europe alors que c’est bien sur les politiques européennes que le débat devrait porter. Qui portera la voix de la maritimité par exemple ? Qui et combien d’élus représenteront officiellement la Bretagne et les 4,5 millions de bretons ?

La république française peine véritablement à organiser une démocratie efficace . L’Irlande ou le Danemark ou encore Malte-et bien d’autres petits pays- sont mieux représentés à Bruxelles que le Bretons.

Breizh-info.com : Quel regard portez vous aujourd’hui sur l' »évolution de l’Europe, de l’Union Européenne ? Il semblerait qu’en Europe centrale et à l’Est, les peuples se réveillent et prennent une autre route que les chemins français ou allemands ?

Gaël Fleurent : Nous avons besoin d’Europe, nous avons besoin d’une structure politique supra-nationale qui nous permette de rivaliser ou de tenir tête à des ensembles comme la Chine ou l’Inde. Les « nouvelles Routes de la soie », projet pharaonique à visée hégémonique de la Chine devraient être de nature à éveiller les consciences, à renouveler un projet européen.

Il est évident aujourd’hui que des ensembles comme la France ou le Royaume-Uni- ne sont plus à même de répondre à ces enjeux. Ils sont encore utiles dans une période de transition. Ainsi aujourd’hui mieux vaut-il encore compter sur le réseau d’ambassades britanniques ou françaises, tant que cela n’est pas mutualiser au niveau européen, ce qui bien –sûr n’empêchera pas des liens privilégiés particuliers.

Par ailleurs, il faut se méfier parfois du ressenti. Car bien souvent c’est la transcription (ou la non transcription) en droit français de chartes et de directives qui est en cause dans l’Europe bashing.

Nous pouvons prendre l’exemple récent de l’absence de port de Bretagne Administrative parmi les ports agréés comme point d’entrée européen pour les produits biologiques, où il convient plutôt de regarder du côté de paris (et de Rennes) plutôt que de Bruxelles pour en trouver l’origine.

De même la situation des « minorités nationales » s’est globalement améliorée et leur prise en compte mieux garantie, partout en Europe, sauf en France où l’on en est toujours à interdire le n tildé de Fañch en Bretagne.

Néanmoins, l’Union Européenne actuelle présente de nombreux motifs d’insatisfaction mais nous faisons le pari de son évolution plus que du retour aux Etats-Nations du siècle dernier.

Le Brexit, la Catalogne et d’autres événements sont de nature à faire évoluer l’Union Européenne dans les années à venir.

Concernant, les pays d’Europe centrale et de l’Est, ce réveil est tout à fait normal. On ne sort pas de décennies de dictature communiste sans soubresaut, dans un contexte de tentation hégémonique de l’Allemagne dans cet espace et d’arrogance des empires déchus comme la France. C’est aussi probablement une réappropriation de leur destin national. Nous espérons qu’ils ne basculeront pas du côté obscur du nationalisme.

Mais je crois que la Bretagne peut trouver des sources d’inspiration plus pertinentes en Ecosse, en Catalogne ou au Danemark par exemple.

La Bretagne a, je le crois, une carte à jouer, un message singulier à faire entendre en Europe, mais tant qu’elle existera moins que Malte, Chypre ou les pays Baltes dans ce concert, elle restera bridée. Ce n’est pas pour rien que la France ne publie pas la répartition « régionale » des aides européennes comme H2020.,,

Propos recueillis par Yann Vallerie

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BretagneUne Bretagne indépendante aurait un PIB de 115 milliards d'euros  soit un PIB par habitant d'environ 25500 euros (26ème mondial) équivalent à celui de l'Italie (25ème) et supérieure à celui de l'Espagne(28ème) ou du Portugal (35ème). Pour les sceptiques on notera que la France se classe 20ème, mais combien de Bretons en profitent-ils ? La Bretagne avec 4.5 millions d'habitants est plus peuplée que 7 Etats de l'Union Européenne et que des dizaines de pays indépendants dans le monde.

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