Depuis samedi soir, on nous sert des récits. Le Parti Breton n’en achète aucun.
Non, la colère n’a pas été « prise en otage » : elle existe, et elle vient de loin.
Non, la violence n’est pas une affaire d’images à la télévision : elle est là, et elle fait des victimes.
Et non, il n’y avait pas deux cortèges, les gentils d’un côté, les casseurs venus d’ailleurs de l’autre : c’est la même colère qui fait défiler un lycéen et briser une vitrine.
Ces récits ont tous la même fonction : nous faire regarder la rue, pour qu’on ne regarde pas ceux qui nous ont menés là.
.
Que ceux qui ont pillé soient jugés, et vite. La boulangère dont la vitrine a volé en éclats, l’artisan qui a perdu son outil de travail, le commerçant de centre-ville qui a mis dix ans à se faire une clientèle : eux n’ont rien demandé, et ils paient pour tout le monde. Nous sommes à leurs côtés.
.
Et ne nous trompons pas sur nos forces de l’ordre. Policiers et gendarmes sont trop souvent placés en première ligne par un pouvoir central qui en fait son dernier rempart, au lieu de les mettre au service de la société tout entière. Eux aussi paient le prix d’un système qui n’a plus que la force pour répondre.
.
Mais posons la question qu’aucun plateau de télévision ne posera : qui a mis le pays dans cet état ? Ceux qui ont laissé filer le prix de l’essence pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que la voiture. Ceux qui ont laissé nos agriculteurs nourrir le pays sans pouvoir en vivre. Ceux qui ont fait payer l’écologie aux plus modestes, au lieu de la rendre possible pour tous. Ceux-là ne seront jamais jugés. Ils changeront de ministère. Ils changeront de président. Ils ne changeront rien.
.
Car ce n’est pas une affaire d’hommes. Droite et gauche ont gouverné chacune leur tour, depuis le même palais, et nous ont menés au même endroit. Tout se décide à Paris, loin de nos vies, par un État qui a tout pris et ne sait plus rien rendre. Le prochain président, quel qu’il soit, se heurtera au même mur. Sans changement de système, nous irons droit dedans.
.
Ce changement a un nom : l’autonomie. Pas une décentralisation de plus, où Paris confie des tâches sans le pouvoir ni l’argent, et les reprend quand il veut. Une Bretagne réunie, avec ses cinq départements, dotée d’une Assemblée qui vote ses propres lois pour ses écoles, ses routes, ses hôpitaux, son agriculture, et qui lève ses propres impôts pour les financer. Et donc plus d’excuse : quand une école ferme ou qu’un hôpital manque de bras, les Bretons sauront à qui demander des comptes, et pourront le renvoyer aux élections suivantes.
.
Cette idée ne fait peur qu’à ceux qui vivent aujourd’hui de la centralisation.
.
Parti Breton, Loire-Atlantique

Le Parti Breton, pour une Bretagne émancipée, écologique, solidaire et entreprenante.

Nous suivre sur :