Le Parti Breton dénonce la volonté de la Région Bretagne de mettre sous tutelle le mouvement culturel breton.

Le bénévolat a ses limites. Les associations ont besoin de secrétariat, de personnel d’encadrement et donc du soutien de l’argent public. Or, entre l’argent public et la mainmise politique, il n’y a qu’un pas. Autrement dit, nous assistons à un retournement de situation: les associations sont mises au service du pouvoir politique au lieu d’être soutenues pour ce qu’elles sont.

La Région Bretagne n’échappe pas à cette tendance. Elle continue de systématiser cette politique de contrôle et de récupération du mouvement associatif breton. Dernière illustration du genre, la fin brutale des subventions à l’Institut Culturel de Bretagne.

On peut se réjouir, d’une certaine manière, du changement de statut de l’Office de la Langue Bretonne qui donne ainsi un statut officiel à la langue bretonne. Par contre, pour Livre et Lecture, Musique et Danse, rien ne nécessitait leur mise sous tutelle du pouvoir politique. L’Institut Culturel de Bretagne (ICB) a été ainsi peu à peu dépossédé d’une partie de ses prérogatives initiales. Maintenant, la Région Bretagne lui demande de se saborder en dépit de toutes ses compétences et de ses ressources humaines. De licencier ses 4 salariés sans aucune garantie de reclassement.

Lors de l’assemblée générale extraordinaire de l’ICB, tenue le 1er octobre à Vannes, Michel Le Boulanger, vice-président de la Région en charge de la culture, explique qu’il s’agit de créer “un nouvel outil”. En fait, il n’explique rien! Quel outil? Dirigé par qui? Et au service de qui? Tout au plus, avons nous appris que la Région organisait 70 entretiens avec des personnalités du monde culturel de Bretagne. Le choix de calendrier pose également question. Pourquoi ne pas construire collectivement ce “nouvel outil” avant de dissoudre les structures existantes? Cela montre bien la volonté de faire table rase de l’existant. De détruire l’indépendance politique du mouvement culturel breton construit patiemment et souvent dans l’adversité depuis ces trente dernières années.

Nous assistons ainsi à un duplicata des structures représentatives, sous forme de doublons officiel/associatif. Le Conseil Culturel de Bretagne devenu instance officielle, les associations ont recréé en parallèle une nouvelle structure militante Kevre (Lien), mais sans les moyens financiers d’avant. De même, l’Institut Culturel de Bretagne reste en association, sans personnel ni moyens financiers. Preuve que les associations ne sont pas prêtes à accepter une dangereuse prise en main politique, mais demandent tout simplement le respect du contrat qui les lie à la population avec le soutien continu des pouvoirs publics.

L’esprit d’ouverture de Jean-Yves Le Drian se trouve ainsi rattrapé par la tendance lourde de mise au pas des associations par le Parti Socialiste. Cette stratégie à courte vue est grave de conséquences et remet en cause le nécessaire consensus des Bretons derrière leurs institutions culturelles pour des raisons de basse politique. Face à elle, les militants culturels bretons, n’ont donc plus beaucoup de choix, sinon de reconstruire leur indépendance populaire et militante. Les élus soucieux d’une vraie démocratie culturelle doivent quant à eux refuser ces machines à détruire les initiatives populaires et les espaces de liberté culturelle. Soutien public, oui! Contrôle politique, non!

Le Parti Breton dénonce cette mise au pas du monde associatif et la remise en cause de leurs outils organisationnels. Pour le Parti Breton, la culture bretonne appartient au Peuple Breton. Les associations bretonnes doivent pouvoir bénéficier du soutien public en toute indépendance.

pour le Parti Breton,

Emile Granville,

Le Parti Breton, pour une Bretagne émancipée, écologique, solidaire et entreprenante.

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